Le secteur bancaire marocain en 2026 comprend plusieurs catégories d’établissements plutôt qu’un ensemble homogène de banques commerciales. Pour comprendre sa structure, il faut distinguer banques conventionnelles, banques participatives, sociétés de financement, banques offshore, établissements de paiement, microfinance et acteurs du financement collaboratif soumis à des réglementations spécifiques.
La dernière structure détaillée publiée par Bank Al-Maghrib comptabilise 24 banques, comprenant 19 banques conventionnelles et 5 banques participatives. Ce chiffre doit être distingué des 93 établissements de crédit et organismes assimilés placés sous le contrôle de la banque centrale dans cette photographie officielle.
Les 19 banques conventionnelles constituent le cœur du système bancaire marocain. Elles exercent les activités traditionnelles de collecte des dépôts, octroi de crédits, financement des entreprises, moyens de paiement, commerce international et services financiers. Leur taille, leur actionnariat et leur spécialisation peuvent toutefois être très différents d’un établissement à l’autre.
Le Maroc compte également 5 banques participatives fonctionnant selon le cadre instauré par la loi bancaire. Elles proposent notamment Mourabaha, Ijara et autres financements autorisés. À ces banques entièrement participatives s’ajoutent certaines fenêtres spécialisées exploitées au sein d’établissements conventionnels selon les autorisations délivrées par le régulateur.
Le rapport de supervision mentionne 4 fenêtres participatives soumises au contrôle de Bank Al-Maghrib, dont une spécialisée dans la garantie des financements. Trois sont rattachées au secteur bancaire. Ces structures permettent de proposer certains produits participatifs sans constituer juridiquement une banque participative indépendante supplémentaire.
En additionnant banques, sociétés de financement et organismes assimilés, le périmètre contrôlé est beaucoup plus large. La dernière ventilation officielle disponible comprend 93 entités, contre 88 l’année précédente, notamment après l’agrément de nouveaux établissements de paiement et sociétés de financement collaboratif.
Le Maroc compte 29 sociétés de financement. Elles ne doivent pas être présentées comme des banques classiques car leur activité est spécialisée. Elles interviennent notamment dans le crédit à la consommation, le crédit-bail, le financement immobilier, l’affacturage, le cautionnement et d’autres opérations financières autorisées par leur agrément.
Parmi ces sociétés de financement, 12 sont spécialisées dans le crédit à la consommation selon la dernière structure officielle détaillée. Elles peuvent financer automobile, équipement ou besoins personnels dans les limites de leur agrément. Elles restent soumises au contrôle prudentiel de Bank Al-Maghrib malgré leur absence de statut bancaire classique.
Le système comprend également 8 sociétés de crédit-bail. Elles financent notamment véhicules, équipements et biens professionnels par des mécanismes locatifs. Leur activité doit être distinguée de celle des banques de détail même si des groupes bancaires peuvent détenir ou contrôler certaines de ces filiales spécialisées dans le leasing.
La structure recensée comprend également des sociétés spécialisées dans le financement immobilier et l’affacturage. Ces établissements permettent aux groupes financiers de segmenter leurs activités. Un même groupe peut donc contrôler une banque généraliste et plusieurs filiales financières spécialisées juridiquement distinctes, chacune bénéficiant de son propre agrément.
La dernière ventilation officielle identifie 6 banques offshore. Ces établissements exercent dans un cadre particulier lié notamment aux opérations financières internationales. Elles ne doivent pas être confondues avec les banques commerciales ordinaires présentes dans les villes marocaines ni avec de simples filiales marocaines de groupes bancaires étrangers.
Le système supervisé comprend désormais 18 établissements de paiement. Ils développent comptes de paiement, transferts, services numériques et réseaux d’agents sans disposer nécessairement de toutes les prérogatives d’une banque traditionnelle. Leur développement accompagne la digitalisation des paiements et la stratégie marocaine d’inclusion financière.
Bank Al-Maghrib recensait plus de 32 000 points relevant des établissements de paiement, principalement grâce aux agents mandataires. Leur modèle diffère donc fortement des agences bancaires classiques. Ces réseaux permettent d’étendre les services financiers dans des zones où l’ouverture d’une agence bancaire traditionnelle serait moins rentable.
Le périmètre comprend également 11 institutions ou associations de microfinance dans la dernière photographie officielle. Elles financent essentiellement des populations et petites activités ayant un accès limité au crédit traditionnel. La réforme de la microfinance permet également à certaines structures d’évoluer vers un statut d’établissement de crédit sous conditions.
Trois sociétés de financement collaboratif avaient été agréées dans la dernière structure détaillée. Le crowdfunding n’est donc plus seulement une activité numérique informelle. Les opérateurs autorisés doivent respecter la réglementation correspondant au financement proposé et sont intégrés au périmètre de supervision financière prévu par la législation marocaine.
L’actionnariat constitue une autre manière de classer les banques marocaines. Parmi les établissements de crédit recensés, plusieurs sont contrôlés par des investisseurs privés marocains, tandis que d’autres disposent d’un actionnariat public majoritaire. Cette diversité explique les différences de stratégie, de clientèle et de rôle économique observées dans le secteur.
La dernière supervision détaillée indique que 7 banques sont contrôlées majoritairement par un actionnariat public. Si l’on ajoute les sociétés de financement concernées, 12 établissements de crédit disposent d’un contrôle majoritairement public. Ils peuvent jouer des rôles particuliers dans le financement de secteurs stratégiques ou de politiques économiques.
Le secteur marocain est ouvert aux investisseurs internationaux. Parmi les établissements de crédit, 5 banques sont contrôlées majoritairement par un actionnariat étranger dans la dernière ventilation officielle. Six sociétés de financement sont également sous contrôle étranger, ce qui illustre l’intégration du Maroc aux grands réseaux financiers internationaux.
Un groupe bancaire étranger peut contrôler une société bancaire constituée au Maroc. Cette filiale marocaine possède alors sa propre personnalité juridique et doit respecter la réglementation bancaire marocaine. Le fait que son actionnaire de référence soit étranger ne la dispense donc jamais de l’agrément et de la supervision de Bank Al-Maghrib.
Une filiale possède une personnalité juridique propre, contrairement à une succursale qui constitue une implantation de l’établissement d’origine. Cette distinction est importante pour comprendre la responsabilité juridique, les fonds propres et la supervision. Les modalités d’installation au Maroc dépendent de la forme choisie et des autorisations réglementaires nécessaires.
L’article 41 de la loi bancaire permet à un établissement de crédit ayant son siège à l’étranger d’ouvrir au Maroc un bureau d’information, de liaison ou de représentation après autorisation. Un tel bureau ne doit pas être confondu avec une banque marocaine de plein exercice.
Un bureau de représentation d’une banque étrangère sert essentiellement à maintenir des relations, informer ou faciliter les contacts avec le marché marocain. Il ne dispose pas automatiquement du droit de collecter les dépôts du public ou d’accorder localement les mêmes crédits qu’une banque disposant d’un agrément bancaire complet.
L’internationalisation fonctionne également dans l’autre sens. Les groupes bancaires marocains disposent de 51 filiales et 22 succursales dans 36 pays selon la dernière supervision détaillée. Leur présence est particulièrement forte en Afrique, mais s’étend également à l’Europe et à l’Asie à travers différentes formes d’implantation.
Les groupes marocains disposent en outre de 25 bureaux de représentation dans 14 pays. La loi exige l’accord préalable du wali de Bank Al-Maghrib pour la création par un établissement marocain de filiales, succursales ou bureaux de représentation à l’étranger, après intervention des instances réglementaires prévues.
Bank Al-Maghrib constitue l’autorité centrale de réglementation et de supervision prudentielle du secteur. Elle contrôle notamment fonds propres, solvabilité, liquidité, gouvernance, risques, contrôle interne et relations avec la clientèle. Elle intervient également dans les procédures d’agrément prévues par la législation bancaire.
La référence juridique principale reste la loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, telle que modifiée et complétée. Elle définit les opérations bancaires, les catégories d’établissements, les conditions d’agrément, la gouvernance, le contrôle prudentiel et les pouvoirs du régulateur.
Le Comité des établissements de crédit intervient aux côtés de Bank Al-Maghrib. Son avis est requis pour plusieurs décisions générales ou individuelles concernant le secteur. Il est notamment consulté dans certaines procédures d’agrément et d’autorisation, tandis que le wali de Bank Al-Maghrib conserve les pouvoirs prévus par la loi.
Les circulaires du wali de Bank Al-Maghrib prises en application de la loi bancaire sont publiées au Bulletin officiel après homologation par arrêté du ministre chargé des Finances. La réglementation bancaire marocaine repose donc sur une articulation entre banque centrale, pouvoirs publics et instances spécialisées prévues par la loi.
Les banques et fenêtres participatives sont soumises à la supervision prudentielle normale de Bank Al-Maghrib mais également à un dispositif spécifique de conformité. Le Conseil Supérieur des Ouléma émet les avis de conformité applicables aux produits participatifs.
Une banque appartenant à un groupe financier peut également être concernée par d’autres autorités lorsque ses filiales exercent des activités différentes. Les marchés de capitaux relèvent notamment de l’AMMC et l’assurance de l’ACAPS. La supervision prudentielle de l’activité bancaire proprement dite reste toutefois assurée par Bank Al-Maghrib.
La structure des banques marocaines en 2026 doit donc être comprise comme un écosystème combinant 19 banques conventionnelles, 5 banques participatives, actionnaires marocains, publics ou étrangers, filiales spécialisées, établissements offshore et représentations internationales. La liste nominative des banques peut ensuite être traitée séparément pour chaque catégorie.
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